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Ce que vos parkings rapportent vraiment - et ce qu'ils pourraient rapporter

La plupart des propriétaires et gérants immobiliers suivent de près leurs loyers, leur taux de vacance, leurs charges. Demandez-leur ce que leurs places de parking rapportent par jour. La plupart ne savent pas.

C'est pourtant une question simple. Et la réponse, souvent, révèle une vraie marge inexploitée.

Pourquoi le parking est toujours traité comme une ligne secondaire

Dans la plupart des immeubles, les revenus de parking arrivent d'un contrat signé avec un gestionnaire externe, tous les trois à cinq ans, à tarif fixe. Ce montant est souvent intégré dans le bail global et personne ne se pose vraiment la question de ce qu'il pourrait être si les choses étaient gérées différemment.

Résultat : le parking est sous-exploité. Les tarifs ne bougent jamais. Les données d'utilisation appartiennent au gestionnaire, pas au propriétaire. Et la vraie contribution du parking à la valeur du bien reste invisible.

De combien parle-t-on concrètement ?

Environ un tiers des places en immeuble de bureaux sont vides à n'importe quel moment de la journée. Pas parce qu'il n'y a pas de demande - mais parce que les règles d'attribution n'ont pas été pensées pour s'adapter.

Un exemple concret : sur un parking de 500 places, gagner 5 € de revenu moyen par place et par jour représente plus de 900 000 € de revenus supplémentaires par an. À un taux de rendement courant, cela correspond à plusieurs millions d'euros de valeur d'actif. Pour un portefeuille avec plusieurs sites, l'impact devient très significatif.

Adapter les tarifs selon l'heure et le taux de remplissage réel - ce qu'on appelle la tarification variable - génère en pratique 20 à 30 % de revenus en plus. Ce n'est pas une théorie. C'est ce qu'on observe dans les parkings déjà gérés de cette façon. La grande majorité des immeubles de bureaux en Europe ne l'a pas encore mis en place.

Pourquoi c'est le bon moment d'y regarder

Depuis 2022, les valeurs d'actifs immobiliers sont sous pression. Les rendements ont baissé, les valorisations ont reculé. Dans ce contexte, chaque source de revenus compte davantage. Le parking a cet avantage rare : il ne nécessite ni travaux lourds ni renégociation de baux. Il faut juste mieux le piloter.

Les investisseurs institutionnels et les réglementations vont aussi dans ce sens. Les critères GRESB incluent maintenant la qualité des données opérationnelles. La CSRD demande de déclarer les émissions liées aux déplacements des collaborateurs - ce qui implique de savoir comment le parking est utilisé. Et les exigences liées à la recharge électrique nécessitent de mieux connaître les flux d'usage. Autant de raisons concrètes d'avoir une vision claire de ce que fait vraiment son parking.

Le travail hybride a aussi changé la donne. Lundi et vendredi, beaucoup de places sont vides. Jeudi, c'est souvent saturé. Gérer cela avec des règles figées, c'est à la fois perdre de l'argent et créer des problèmes pour les utilisateurs.

Que font les propriétaires les plus avancés ?

Ils ne lancent pas de grands projets. Ils font des choses simples : récupérer les données d'utilisation qui existent déjà dans les systèmes de barrières, passer à des tarifs qui s'ajustent à la demande réelle, et reprendre la main sur leurs données face aux exploitants.

Ce n'est pas compliqué techniquement. Ce qui manque souvent, c'est juste la décision de traiter le parking comme un vrai actif à piloter - et pas comme une ligne qui ne change jamais.

La plupart des propriétaires ne savent pas ce que leurs places rapportent chaque jour. C'est exactement là que commence la marge.

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